LISBONNE-Portugal

C’est le front fiévreux et sous un ciel dense et laiteux que j’atterris dans la capitale portugaise. On aurait pu imaginer meilleure entrée en matière…
Mais je ne me laisse pas abattre pour autant en gravissant la raide pente d’Alfama qui nous mène à notre air bnb. Ah, Air BNB, on a beau te critiquer, moi, je t’aime avec tes appartements avec vue sur le Tage qui nous récompense de nos efforts. Je suis on ne peut plus ravie car j’ai retrouvé mon acolyte de voyage, celui des premières heures, mon cher Daniel qui a fait la route depuis l’Angola, rien que ça ! 
La valise posée – je ne suis pas partie avec mon sac-à-dos spécial low cost cette fois, je me sens tellement bourgeois e- , nous reprenons des forces dans le premier bui bui venu. La carte nous laisse un peu dubitatif… un menu à 5 euros? Un verre de vin à 60 cents? Il s’agit bien d’une cantine mal famée d’Alfama. L’hamburger que je commande par élimination n’est pas trop mal: un steak haché surmonté d’un oeuf à cheval avec riz et frites… Il paraît que c’est très portugais. Un vrai repas de champion en somme. Protéines venez à moi, j’ai toujours mal à la tête!

Superbocks!
Les premières impressions sont très bonnes malgré la bruine permanente… je revois les magnifiques azulejos des façades, le coquet petit tram 28 tant célèbre. Je ne pige toujours rien au portugais, mais ça n’est pas grave en fait car la plupart des Portugais croisés ici parlent le français. Il va falloir surveiller notre langage cher Daniel, pas trop de blagues ! Je me refais à la musique de cette langue que je trouve même jolie tiens !
Nous passons de la tortueuse Alfama à la Baixa aux rues en grille en deux coup de cuillère à pot. Lisbonne n’est pas aussi grande qu’il n’y parait. Nous passons devant la « Sé »; la cathédrale de Lisbonne, le musée du fado, la gigantesque Praça do comércio ouverte sur le Tage puis le bel ascenseur art nouveau de Santa Justa en un clin d’oeil. On repère les influences mauresques, espagnoles dans les détails des bâtiments, c’est très beau. Daniel achète du café de Sao Tomé qui hume bon le voyage lointain.

L'ascenseur magique

Plein le dos du fado ?

Le soir tombe quand nous nous laissons entrainer dans un restaurant par une des rabatteuses d’Alfama. De la rue, on entend déjà la voix vibrante d’une femme chantant le fado. Nous nous glissons en silence à l’intérieur de ce café-restaurant entre les spectateurs en train de fumer. La chanteuse debout au centre de la pièce est accompagnée de deux joueurs de mandoline. Les lumières sont éteintes ce qui rend l’ambiance très intime et feutrée.

Des semi-professionnels se succèderont ainsi et nous crierons leur désespoir. Pour supporter cela, nous commandons des tapas très prisés des Portugais : des croquettes de bacalhau et du vinho verde puis un chorizo entier que l’on flambe devant nous. Le gros morceau de saucisson « spitte » de graisse à tout berzinque tandis que la flamme s’éteint peu à peu. Un vrai feu d’artifice qui s’avéra n’avoir que peu d’intérêt gustatif. Le temps passe et l’alcool nous engage dans un débat sans fin et sans fond sur le Roi de Belgique. Et que ça tape du point sur la table et que ça hausse la voix… Bon, changeons de crémerie, notre dernier verre de Douro nous achèvera, nous rentrons extrêmement guillerets. Et tiens, même p’u malad’!

Monster Lisboa

Le galão (café au lait) et le pastel du matin pris au Largo Porta do sol effaceront toute gueule de bois. Le soleil brille et les maisons pastel (des mata?) se découpent sur le ciel bleu. Il est grand temps d’aller visiter la ville plus en profondeur et nous commencerons par le Castelo de Sao Jorge, cour historique de celle-ci. Et celui-ci vaut la visite rien que pour la vue qu’il offre sur la ville. Lisbonne tu es tellement belle avec ton Tage, ton gigantesque pont, tes toits oranges…  L’ancien château est sinon assez classique avec ses murailles à escalader, ses deux tours à gravir… mais on sent bien que c’est d’ici que tout a commencé. Comme tous, nous prendrons des photos des vilains paons et on rigolera des figurants en tunique médiévale et chaussons pointus qui font des démonstrations avec des oiseaux de proie. Le petit musée d’archéologie complètera la visite. 

Nous entreprenons de visiter le musée des azulejos mais celui-ci est tellement excentré que nous nous découragerons en chemin. Cher lecteur motivé, si tu décides de t’y risquer, prépare bien ta visite car pas un panneau sur ton chemin tu ne trouveras.

A chaque ville sa tour

Copain!

Bon, pas grave, on reprend le tram pour Belém, sa tour et son monastère. La pluie, le vent et les vagues balaient joyeusement le bel édifice. Il fait en fait vraiment dégueulasse mais nous sommes charmés par la joliesse des sculptures de ce bâtiment, petit bijou de stratégie militaire. Il n’y a que peu de choses à observer aux différents étages, c’est un peu l’horreur de prendre les escaliers avec le chassé-croisé des touristes mais le ponton vaut tout de même le coup.
Plus loin se dresse la majestueuse statue de Vasco Gama, le découvreur face au Tage. Daniel prend des photos avec son portable mais celui-ci émet de drôle de bruit boing, bim, poufswing-bam-pou qui ridiculise l’instant, nous, on rigole comme de petits souaves.
Sur le retour, après un petit crochet par le Monastère pour nous recueillir la tombe de Vasco de Gama (l’appareil de Daniel émanant toujours les bouing vim poum), nous chipons-chopons quelques pasteis de l’Antiga confeitaria de Belem, Je parle de LA maison mère où sont nées ces petites merveilles culinaires. Grand moment de grâce.
Picoas

Il fait nuit quand nous sortons de la station de Picoas pour voir la gigantesque fresque de Blu et Os Gemeos. Le message anti-impérialiste s’étale sur plusieurs blocs de bâtiment, c’est assez dingue ! Les Parisiens reconnaitront leur bouche de métro art-nouveau toute proche, un cadeau de l’état français.

Petits pécheurs

Cascais

Le jour après, nous voulons voir la mer et Cascais semble tout indiquée. Accessible facilement en train régional depuis la station Cais do Sodre, nous suivons le Tage jusqu’à son embouchure sur l’océan Atlantique.
Ce petit port est un vrai lieu de villégiature et comme de nombreux villages de vacances sur la plage, il manque un peu de charme… Les restaurants de grillades se succèdent mais aucune petite sardine ne nous fait de l’oeil. Nous ne regretterons cependant pas notre balade le long de l’océan agité. Les vagues sont vraiment spectaculaires, ça pète dans tous les sens, un vrai bonheur. Nous finissons notre séjour dans le Bairro Alto, the place to be, pour boire des coups et faire la fête dans les dizaines de petits cafés pas chers. C’est mardi gras et nous croisons de joyeux chevaliers, des spidermen, des catwomen, tout ça. Nous mangeons un buffet frais au Rosa da Rua. La formule à 15 euros est un peu chère comparée aux autres restaurants mais ça fait du bien de manger des petites salades légères. Car on a beau dire tout ce qu’on veut, la gastronomie portugaise pèse bien sur l’estomac !

Carnaval do Lisboa
Lisbonne nous aura offert une fameuse leçon d’optimisme et de calme… Aucune bousculade dans les métros, des commerçants souriants, des employés fort sympathiques,… Les Portugais semblent supporter la crise avec philosophie. Bruxelles me semble bien névrosée en comparaison. Nous reviendrons très certainement boire des super bocks en terrasse en rêvant de prendre la mer comme les grands explorateurs qui auront foulé ce sol.

Bon à savoir

- les supermarchés se font rares au centre ville, nous nous replierons sur le gigantesque Corte ingles. Oh, paradis de la gastronomie. Nous y achetons du fromage mou, du vin de la région du Dão, de l’huile d’olive, du savon pour son joli emballage…

- les cartes de transport sont rechargeables, ne les jetez pas! Le billet d’un jour vaux le coup car il donne accès aux trams, aux funiculaires et  aux ascenseurs plutôt chers sur place.
- Lisbonne est la ville des points de vue et quoi de mieux que de boire un petit verre et regarder la vue, posez-vous au Miradouro Da Graça du bairro Alto. Faites-vous plaisir !

coquetterie1

Le meilleur anti-vol: les boîtes de chocolat

Superbocks!

Adresses

Rosa da rua (le buffet du Bairro alto)

Rua da Rosa 265, 1200-385 Lisboa

Pois café (un café à la berlinoise où prendre de copieux petits déjeuners)

Rua de São João da Praça 93e 95, 1100-521 Lisboa
Cruzes credo (repas gourmands près de Sé)

Cruzes da Sé, 29, 1100 Lisboa