Copenhague
Un petit voyage toute seule. C’est le défi que je me suis donné à l’aube de l’hiver et de sa déprime habituelle. J’ai réservé mon billet, pas cher du tout. Vous pensez-bien… tout le monde ne raffole pas des villes froides du nord où il fait noir dès 16h. Les séries comme Rita et Forbrydelsen avaient nourri en moi une curiosité pour le Danemark, il me fallait visiter sa capitale !

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JOUR 1

Que le monde est bien fait, j’ai eu mon vol aux petites heures, ce qui me fait arriver juste à l’heure du petit déjeuner. Certes, j’ai un peu la tête dans le cake.

Ma première étape à la sortie du métro Nørreport sont les Torvehallerne, les fameuses et immanquables halles au marché pour gourmets. Sans réfléchir, je file droit vers Coffee Collective et commande un petit cappucino. Les grands baristas de toute l’Europe vantent le goût exceptionnel de ce café, je suis curieuse. Cinq euros tout de même… Que les foudres de tous les hipsters me tombent sur ma tête sur cette déclaration : mais cela ne vaut pas un café italien.

Nørrebro, la colorée

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C’est l’heure où tout le monde se dirige vers son bureau… les vélos filent à fière allure et je me sens un peu perdue, comme en décalage. Arrivée au bord d’un canal baigné d’un soleil bas, je respire un bon coup ; je suis contente d’être ici.

Je décide de continuer mon chemin vers Norrebro, le quartier du nord jeune et cosmopolite. Je m’étais imaginée un mini Shoreditch ou un petit Kreuzberg, mais c’est un quartier plus calme et propret que je découvre. Je comprendrai son côté décalé un peu plus tard, après avoir parcouru le reste de la ville beaucoup plus organisé et « bourgeois ». De jolies fresques ornent les murs et l’on trouve de très sympathiques boutiques comme Retromania, un bric-à-brac de boutique de design, et cafés dans les rues adjacentes à l’artère principale longeant le cimetière.

Je prends la charmante rue Jaegersborggade et chope au passage une kanelsnegl, une délicieuse et très sucrée couque à la cannelle. Elle a été faite sur place, à la petite boulangerie atelier bio Meyers Bageri. Je jette un œil au Grød, l’un des lieux les plus couru pour les petit-déjeuners à base de porridge. Le quartier est très agréable… il faut se laisser aller au gré de ses envies et ne pas hésiter à un peu à l’écart pour voir de jolies maisons de briques rouges foncé, des écoles, un petit parc ou un café chaleureux décoré d’étoiles en papier blanc.

Centre-ville, le majestueux

Défi phase B : faire beaucoup de choses en moins de 48h. Pour ce faire, il faut de bonnes jambes et beaucoup de motivation. Je retourne vers le centre-ville en faisant crochet par le grand cimetière grouillant d’oiseaux et d’écureuils. Le soleil perce à travers les arbres. J’ai les lieux presque pour moi, il fait étonnement silence et je m’empresse, mal à l’aise, de trouver la sortie. Je re-passe le pont du Sortedams So et prends la Gothersgade longeant le jardin botanique et le Rosenborg Slot. J’aperçois au loin la garde toute de bleu foncée vêtue prête à faire sa relève. Me voilà au NyHavn, un coquet petit port bordé de cafés aux murs colorés et aux châssis blancs, le cliché même de l’architecture scandinave avec un soupçon d’architecture hollandaise. D’ailleurs, c’est à ses terrasses chauffées et décorées que s’amassent la plupart des touristes.

Je rejoins la grande bibliothèque Det Kongelige Bibliotek surnommée le « diamant noire » en raison de sa forme sombre contemporaine. Celle-ci fait face au large canal menant au port. La vue de son esplanade sur pilotis est très apaisante. J’imagine aisément les jeunes Danois s’y prélassant les longs soirs d’été.

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Affamée par cette belle trotte, je m’installe dans une sympathique petite sandwicherie de la rue Holbergsgade et commande un sandwiche rôti de bœuf et rémoulade, oignons fris sur pain archi brun. Je peine à finir mon repas, au mélange somme toute assez écœurant. J’ai l’impression que les Danois aiment la sauce, beaucoup de sauce sur leurs plats. Voilà, c’est dit.

La douce Christianshavn

Vous l’aurez compris, il y a donc beaucoup d’eau à Copenhague et c’est un peu elle qui structure la ville. Je me retrouve face à un grand pont avec à ma gauche le Christiansborg Slot et à ma droite la bourse, bâtiment que j’ai beaucoup aimé pour son super clocher à la forme improbable. Ce pont me mènera à Christianshavn. A chaque quartier, son atmosphère, et en l’occurrence ici, c’est un charmant quartier aisé ponctué de petits canaux. Oserais-je une comparaison avec Amsterdam ? C’est au milieu d’un quartier résidentiel, que se trouve Christiana.

Christiana

Ce petit bastion alternatif au désordre ordonné résiste à la gentrification. Pas de potion magique ici pourtant, à moins que … J’observe les maisons de bric et de broc, les deux nanas qui cultivent leur jardin, ainsi que les quelques petites boutiques de souvenirs et les types fumant leur gros pétard sous leur capuchon. La scène est un étrange mélange de choses qui vont ensemble et contrastent. Je ne traîne pas car je suis déjà trempée comme une soupe.

Partir en Strøget

Je décide alors de faire les boutiques du centre pour me sécher un peu. Strøget est le quartier des emplettes. Je m’engouffre dans Illums Bolighus, un très grand magasin, qui s’étend sur 3 étages, offrant une belle vitrine pour l’art de vie danois. Je m’offre la traditionnelle bougie graduée de l’avent.

Ah, une éclaircie à nouveau ! Mon sac à dos commence à peser, c’est le moment de déposer mes affaires à l’auberge. J’ai choisi Cph Downtown, une auberge pas chère, située dans le quartier et qui a l’avantage d’avoir un petit restaurant et une cuisine commune très pratique. Ma chambre partagée est assez spartiate mais elle fera l’affaire pour une nuit.

Yo Vesterbro!

La nuit tombe, j’entreprends une dernière petite promenade à Vesterbro, le quartier ouest de Copenhague. Un autre quartier pour les cools ! Mais avant cela, j’ai envie de faire une halte sur la place de l’Hôtel de Ville (Rådhus) que l’on reconnait par son horloge astronomique. Cet imposant édifice apparaît souvent filmé de nuit dans Forbrydelsen… ce qui accentue l’image froide et sérieuse de la capitale mais en réalité, la place est bien plus joyeuse puisque l’hôtel de ville est voisin du Tivoli, un parc d’attraction féérique.

J’aperçois la gare avant d’arriver à la rue que je cherchais: Vaernedamsvej. On y trouve des beaux cafés et de sympathiques boutiques comme la papeterie Playtype. Il est 17h45, il fait maintenant nuit noire et les néons et les guirlandes de noël donnent une belle ambiance au quartier autrefois investi par des abattoirs et des sexshops. Depuis les rues ont été investies de belles boutiques et des immeubles articulés autour de cours intérieures.  Encore un dernier effort et me voilà à l’auberge. Les pieds endoloris, je ne peux plus aller bien loin.

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JOUR 2

 Quartier de l’université

Debout d’assez bonne heure, je me faufile hors de la chambre et quitte l’auberge. En ayant bien entendu, pris la peine de m’apprêter, cela va de soi. Je suis bien décidée à trouver un endroit confortable où petit déjeuner. Mon copain m’avait conseillé d’aller voir du côté de l’université, aux alentours de la Studiestraede et c’était une excellente idée car le quartier est bien sympathique. Je revois le balais des vélos et trouve sans peine un endroit à mon goût: le Risteriet. Une cafeteria torréfacteur décorée de posters années 50. Installée devant la fenêtre, je déguste un délicieux café. Très doux début de journée.

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Il y avait quelque chose que je voulais absolument voir à Copenhague; le «pont circulaire» signé de l’artiste Olafur Eliasson. Il m’aura valu une petite trotte mais je suis assez contente d’avoir testé le pont non linéaire qui est décrit comme une « expérience contemplative ». Peut-être pas de quoi fouetter un chat, je n’ai malheureusement pas eu la chance de le voir s’ouvrir pour les bateaux.

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Je repasse le canal et remonte toute la ville le long de l’eau en une bonne trentaine de minutes. Les chemins sont presque déserts à cette heure, seuls 2-3 touristes marchent comme moi, en direction du Kastellet et de la petite sirène. Avant d’entrer dans le parc, je m’offre une petite pause chez Kafferiet pour me réchauffer un peu. La façade bleu clair de ce petit café est particulièrement adorable, des drapeaux danois ornent les portes.

Sirène où es-tu ?

Le Kastellet est une citadelle en forme d’étoile, il faut franchir les douves pour y pénétrer. Là se trouvent les anciennes casernes de la ville. Le rouge des murs, le vert des prairies et le bleu du ciel offrent un paysage très pittoresque. Pour parfaire l’ensemble, un moulin au loin.

On s’étonne parfois de la taille réelle d’un tableau ou d’une sculpture. Le Manneken-pis, par exemple, paraît bien plus petit qu’en image. Ici, c’est le contraire, je trouve la sirène presque trop grande pour son gros caillou. Elle est tournée vers la rive, d’où les touristes se succèdent pour prendre des images. J’observe, amusée, ce balais selfiestique avant de reprendre la route.

C’est à ce moment précis que la pluie s’est remise à tomber et que je réalise à quel point je suis loin de la gare de Nørreport d’où je comptais prendre mon train. Je passe devant la gare d’østerport sans savoir que j’aurais pu m’y arrêter, et longe la trop longue avenue de musées et le jardin du Rosenborg Slot.

Belle Louisiana

Visiteur désireux de visiter le Musée Louisiana, note bien ceci, car sinon, tu perdras comme moi, quelques minutes à essayer de trouver les informations: Le train en direction de Humlebaek tu prendras et 60 DKK (+/- 8euros) tu paieras.

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Installée dans le train régional, je découvre la région de l’øresund, le détroit située entre le Danemark et la Suède. Nous passons par de belles forêts, des petites villes aux maisons familiales sur fond de mer. Il faut marcher 10 bonnes minutes le long de la Gammel Strandvej avant de trouver le musée d’art contemporain. Pas de panique, tout est bien fléché.

Il y a plusieurs expositions à visiter au moment de mon voyage : des lithogravures de Lucian Freud et une rétrospective de l’artiste japonaise Yayoi Kusama. Joli programme,  mais avant cela, je dois absolument me promener dans le parc à sculpture qui donne sur la plage. Des sculptures de Moore, de Calder sont ingénieusement réparties sur les pelouses et près des bois donnant sur le détroit. C’est magnifique.

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A l’intérieur se succèdent de chaleureux espaces de bois et de briques blanches avec de grandes percées sur la nature environnante. Il n’y a pas meilleur écrin pour des œuvres d’art. Les collections sont très variées et les expositions de qualité. Assurément un endroit à découvrir.

Ravie, je reprends le train pour la capitale. Mon ticket de transport est encore valable, c’est l’occasion de prendre le bus pour voir le Superkilen de Nørrebro. Il ne s’agit pas là d’un grand lieu touristique mais d’un piétonnier sur lequel j’avais lu un article. Pour leur projet, les urbanistes avaient proposé aux habitants, des familles originaires d’Afrique ou de Russie de collaborer au projet. Le résultat est original ; l’espace est divisé en zones colorées, de jeux, de pistes cylables avec un grand centre culturel, un grand magasin. J’aime bien ce quartier bigarré, je me retrouve bien dans ce coin un peu plus bordélique où cohabitent différentes cultures.

Mais il est temps de reprendre mon sac à l’auberge et de faire un dernier petit tour dans la boutique Hay. Celle-ci vaut le coup d’œil, c’est un vrai petit appartement ! Je commande dernier plat bizarre à la Toverhallerne, comprenant une sorte de cake de poisson, du pain foncée et une bonne dose de sauce douce-amère jaune.

Je m’en serais sortie avec un budget de 100 euros, transports et auberge compris. Défis relevés et bons souvenirs sur toute la ligne !

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