vienne

Le titre de cet article est particulièrement cliché… Cependant, mon séjour de deux jours à Vienne m’auront appris de m’éloigner des idées reçues. Non, nous n’irons pas nous recueillir sur la tombe de Sissi (ça, j’ai déjà fait avec ma classe de 3ème). Non, nous ne nous laisserons pas avoir pas ces faux-Mozart en catogan qui veulent nous faire acheter je-ne-sais quelle place de spectacle….  Mais il y aura bien du schnitzel, de l’opéra et du café crème dans ce post. Car tout n’est pas bon à jeter dans les clichés (© Blog der Katze 2014). Et en plus de tout cela, on vous promet de l’art de rue, la découverte d’une maison hors du commun et un verre sur un rooftop. Daniel et Emilie qui m’ont accompagnée vous en diront tant.

Souvenirs, souvenirs

Finalement, on connait peu l’Autriche. Sa capitale semble s’être bien gardée d’accueillir les vols lowcosts et sa flopée de touristes. C’est d’ailleurs au départ de Budapest que nous atteignons la ville, après 3h50 de car et pour la coquette somme de 12 euros… aller-retour. C’est par la sortie du métro Karlplatz que nous découvrons un centre-ville un peu austère, aux grandes artères bordées de grands immeubles gris. Notre premier café nous coûte un bras; presque 5 euros pour un café « mélange » (un café au lait et à la crème). Et le serveur est à peine poli! Nous étions au Café Museum, qui est connu pour avoir été fréquenté des artistes tels que Schiele ou Kokoschka, mais cela, nous ne le savions pas! Drôle d’entrée en la matière pour cette ville que l’on dit d’un charmante.

Je n’ai gardé que de très vagues souvenirs de la ville. Je me rappelle qu’on nous avait fouré dans la grand-roue du parc Prater, qu’on nous avait fait regarder un spectacle hippique à l’école espagnole et celui-ci qui m’avait paru durer une éternité (le cheval avance, recule, fait des pas de travers, puis recule encore…). Je me souviens très bien du Baiser de Klimt avec ses petites fleurs fluo sur fond doré… mon premier émoi artistique en quelque sorte… Gustav et moi. Je me souviens de drames adolescents, de photos de groupe stupide avec des glaces sur la tête… Vienne donc.

Nous retrouvons peu à peu nos couleurs et notre motivation, à la vue du magnifique centre de la Secession. On a du mal à croire que ce bâtiment tout à fait original a été construit à la fin du 19è siècle. Il était alors entouré de grands bâtiments classiques, et fréquenté de messieurs en chapeau haut et de dames de bonnes famille.

Secession

Nous continuons notre chemin vers la Neubaugasse, une longue rue aux maisons colorées et aux multiples boutiques. Quelques tags discrets ornent les maisons et les boîtes aux lettres. Vienne prend un peu de relief. Nous nous installons en terrasse et commandons un Spritzer… un vins pétillant parfumé au sirop, c’est très tendance on dirait.

Neubaugasse

Neubaugasse Sur le chemin

Regardez celui-là, il a un pigeon sur la tête! Nous enchaînons avec le Musée du Belvédère accessible en tram (très joli tram rouge d’ailleurs). Le château qui accueille les expositions est toujours aussi éblouissant, la collection de peintures ancienne un peu moins fantastique (sauf si vous aimez les paysages et les portraits de dames en froufrou et d’hommes dignes arborant un bel uniforme, une épée, des bijoux, enfin…). Mais les tableaux de Klimt valent largement le prix du billet. Nous visitons le pavillon du haut puis une exposition d’Art contemporain ayant le miroir pour fil rouge. Notre reflet est dans tous les coins, ça nous amuse au début, on prend des photos, on fait des grimaces, mais après un instant, aaargh on veut sortir de là!

Neubaugasse

L’Art, ça creuse. Nous prenons notre quatre heure dans la prétentieuse cantine de l’Hôtel Daniel où il est tout bonnement déconseillé de prendre des photos. Il faut juste profiter de ce beau cadre design et du pavlova, délicieux, à se taper le cul par-terre. Oui.

Ein Schnitzel bitte

Daniel se froisse les cuisses et se trouve dans l’impossibilité de marcher (je dévoile tout dans cet article choc). Mais, l’appel du schnitzel lui donne du courage. Et après l’effort, le réconfort en terrasse intérieure du Amerling beisl. Bon, admettons-le, un schnitzel, aussi bien préparé soit-il, ça ne casse quand même pas trois pattes à un canard, si? Vous n’êtes pas d’accord avec moi? Mais nous sommes bien, tout est joli autour de nous… les plantes, les tournesols. Ce quartier est vraiment chouette… toutes les brasseries semblent accueillantes et tout à l’air gourmand.

Nous marchons vers la Rathaus où « La flûte enchantée » est projetée sur écran géant. En chemin, j’attire mes amis  sur le rooftop de l’hôtel 25 hours que j’avais repéré sur internet. Il faut être un peu patient pour pouvoir pénétrer dans le bar-restaurant, gardé par un sorteur, mais la vue sur la ville est assez belle… Mais gare au vertige! Nous commandons une petite bière de 20cl  comme ça se fait en Autriche.  Music lounge, trentenaires, tables design… la jeunesse viennoise serait-elle un brin trop calme?

Nous redescendons sur terre dans l’espoir de ne pas avoir loupé l’entièreté de l’opéra. Emilie râle un peu de l’avoir fait dévier du droit chemin de la culture pour aller boire un coup. C’est vrai que ça vaut le coup car les Viennois voient les chosent en grand. Quand ils placent un écran d’opéra, ils le placent au milieu de gradins et de buvettes. Cela donne un vrai festival de film d’opéra qui dure tout l’été. Je traduis les paroles à Daniel qui en fait, n’en a rien à faire de ce type qui joue de la flûte et de cette femme chantant son désespoir. Une étoile filante dans le ciel couronne la soirée et nous reprenons le métro pour dormir dans notre appart hôtel de businessman.

La Vienne interlope?

Nous commençons notre deuxième journée par la visite de la Secession: la grande fresque de Klimt réalisée in situ nous impressionne grandement. Ne vous laissez pas rebuter par le prix du billet (8euros… j’ai mi-même longuement hésité). Il est rare de voir de si belles oeuvres. Le billet comprend également la visite du reste du bâtiment investis d’expo d’artistes contemporains.

Nous continuons notre balade vers le coeur de la ville, cathédrale en vue. Nous prenons notre petit déjeuner au Wiener café. Affiches collées aux murs, banquettes de velour… une agréable ambiance feutrée et inspirée se dégage de ce café de bobos. Nous passons devant le café de Loos et le magasin de gauffrettes Wanner avant de prendre le tram vers les rives du Danube bleu.

Ici, pas de petits bancs en fer forgé ni de jolis parterres de fleurs, ce sont des bars beaucoup plus bruts et de super graffitis qui ornent les quais. Enfin! Le Vienne interlope!

Danube

Ensuite, j’emmène ma clique voir les étranges maisons de Hundertwasser en leur expliquant que cet artiste est un peu le Gaudi local. Il y a un musée et une autre maison plus loin qui valent largement le détour. Nous errons entre les pilastres colorés et la fontaine.

Hundertwasser

Daniel nous abandonne pour reprendre l’avion. Emilie et moi retournons au centre pour visiter le Musée Léopold et admirer les tortueuses et passionnées peintures d’Egon Schiele.

Museum Quartier

Les rues de la ville grouillent de jolies affiches et on sent que la culture est vraiment à l’honneur. Tout semble plus facile., on est comme des poissons dans l’eau.

Mais vite est venu le temps de la dernière Sacher torte en terrasse du MuseumsquartierNous terminons notre parcours par une promenade sur le Naschmarkt. Le marché couvert regorge de délicieux snacks et de petites cahutes où manger. Il est bordé de magnifiques bâtiments classiques et art-nouveau. Je me plais à m’imaginer en belle robe à corset telle une femme du monde du 19e siècle.

C’est ça Vienne, un subtil mélange de classicisme et de modernité. Une vieille dame du monde cachée dans son bel appartement. Une ville de culture par dessus tout. C’est peut-être ça la clé: pour vivre heureux, vivons cachés, visitons des expos et écoutons de la douce musique.

 

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